Les témoignages

 

Parmentier...Fils de Montdidier!

statue de Parmentier à Montdidier
statue de Parmentier à Montdidier

Antoine Augustin Parmentier naît le 12 août 1737 dans une maison située rue de la Mercerie (actuelle rue Parmentier) à Montdidier (entre Amiens et COmpiègne) où ses parents tenaient un commerce de linge. Il est baptisé le jour de sa naissance en l’église du Saint-Sépulcre.

      Sa mère, femme de haute distinction et d’instruction supérieure pour son époque, lui enseigne les premiers éléments du latin que complète ensuite un prêtre du voisinage. Elle lui inculque l’amour du travail.

 
La situation modeste de ses parents ne lui permet pas de faire des études. À l’âge de 15 ans, il est placé comme élève à la pharmacie Frison, établie sur la place de la Croix-Bleue (actuelle place Parmentier). À 18 ans, il part à Paris continuer son apprentissage chez Simonnet, un confrère picard.
 
Parmentier dans l’armée
En 1757, pendant la guerre de Sept Ans, il s’engage comme pharmacien de 3e classe dans l’armée qui opère en Allemagne contre l’empereur de Prusse, Frédéric II. Fait prisonnier, il survit en mangeant des pommes de terre réservées à l’alimentation des porcs, ce qui l’incita plus tard à étudier ce tubercule et à en propager la culture en France pour enrayer les disettes engendrées par les déficits de récoltes de céréales.

En 1766, il est nommé apothicaire gagnant-maîtrise à l’Hôtel Royal des Invalides. Il étudie la composition chimique des pommes de terre. En 1777, il devient démonstrateur (professeur d’histoire naturelle) au collège de Pharmacie et crée l’école de boulangerie en 1780.

Parmentier n’a jamais quitté l’armée. En 1779, il est nommmé censeur royal. Cette même année et jusqu’en 1881, il est apothicaire major des hôpitaux militaires de la division rassemblée au Havre et en Bretagne. En 1782, il est envoyé à l’armée de Genève. En 1785, il entre dans la Société Royale d'Agriculture. Il en sera directeur en 1790.
 
Promotion de la pomme de terre
C’est en 1786 que Parmentier présenta les pommes de terre au roi Louis XVI. Pour amener ses concitoyens à en découvrir les qualités nutritives malgré leurs réticences, il recourut à un stratagème (appelé aujourd’hui « méthode Parmentier ») : pour attiser leur curiosité, il fit garder, de jour seulement, à Neuilly-sur-Seine, dans la plaine des Sablons, un champ planté de pommes de terre. Les maraudeurs, qui pouvaient facilement pénétrer dans le champ pendant la nuit, repartaient avec le précieux butin !... En 1787, la pomme de terre est servie à la table royale et les fleurs du tubercule sont brodées sur les robes des dames de la cour.
Parmentier travaille également sur le lait, le sang, la colle forte d’os, les biscuits pour les armées et les salaisons, le maïs, le vin, la châtaigne, le chocolat, le sucre de raisin, le quinquina, la conservation des viandes, des soupes, des jus de fruits. Il s’emploie à la propagation de la vaccination contre la variole. Il analyse la qualité des eaux de la Seine. Il est directeur du Conseil de salubrité du département de la Seine. Il œuvre pour combattre l’insalubrité des marais des Landes et permettre la fixation des dunes…
Resté célibataire, affecté par la mort de sa sœur Suzanne, Parmentier meurt le 17 décembre 1813, à Paris. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.
 
Sa statue à Montdidier
Une première statue, œuvre de Dominique Maltknecht, à la gloire d’Antoine Augustin Parmentier, fut inaugurée le 18 juin 1848 par la ville de Montdidier. Elle fut détruite lors des bombardements du 10 août 1918 et ne fut pas retrouvée. Les indemnités de dommages de guerre n’étant pas suffisantes pour permettre une nouvelle érection convenable, un comité spécial de pharmaciens français prit l’initiative de suppléer à cette insuffisance et d’aider au relèvement de la statue du grand philanthrope. Celle-ci fut inaugurée lors des fêtes de la Résurrection de Montdidier, le 7 juin 1931. Elle fut sculptée par Albert Roze, directeur de l’école des Beaux-arts d’Amiens et fondue par Barbedienne.
Cette statue en bronze, qui pèse 800 kg et mesure 2,50 m de haut, a été érigée sur un socle en pierre. Deux des faces portent un haut-relief également en pierre ; sur les deux autres faces sont apposés des bas-reliefs en bronze.
En juin 1940, elle fut endommagée, lors des bombardements qui précédèrent l'arrivée des Allemands. L'occupant ayant manifesté l'intention de l'emporter pour la fondre afin d'alimenter les usines d'armement, le maire, Louis Lematte, assisté de son adjoint, M. Leclercq et de son secrétaire M. Leverbe, la cachèrent à l'abattoir municipal où elle resta jusqu'à la Libération.
Devant les menaces qui lui étaient faites, le maire proposa de donner, à la place de la statue, une des cloches de l'église du Saint-Sépulcre. Mais la législation interdisant de fondre tout ce qui appartenait à l'Église, la cloche "Denise-Monique", arrivée au centre de tri de Paris, fut renvoyée à Montdidier. Après la Libération, la statue fut replacée sur son socle par M. Perrault, garagiste.
 
Renseignements : Office de Tourisme de Montdidier au : 03.22.78.92.00

Galerie :
portrait d'Antoine Augustin Parmentier statue de parmentier
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